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islande terre du graal
Cela fait maintenant sept siècles que le fameux trésor des templiers fait fantasmer historiens amateurs, romanciers en mal d’inspiration ou fouineurs en tout genre. Sept siècles durant lesquels les hypothèses les plus saugrenues, les plus hasardeuses ont été évoquées ; sept siècles durant lesquels des centaines, des milliers d’ouvrages ont été écrits sur le sujet, souvent d’ailleurs parce que ce sujet est particulièrement vendeur.
De nombreuses hypothèses ont été formulées au sujet du célèbre trésor des templiers. Il y a la thèse très médiatisée de Rennes-le-Château où l’abbé Saunières aurait mis la main sur des caches templières, celle d’une fuite en Angleterre et plus particulièrement en Ecosse où les chevaliers du Temple, en sus d’apporter une partie de leur trésor, auraient été à l’origine de la création de la future Franc-Maçonnerie. Il y a aussi la piste espagnole ou portugaise. Ces deux pays auraient vu accoster les galères du Temple du port de La Rochelle, ayant fui la rafle du roi de France. Ces hommes, auraient-ils pu s’enfuir avec le trésor ? Et alors, pourquoi Philippe le Bel n’a-t-il rien fait pour les retenir ? Mais le trésor du Temple demeure introuvable. En réalité, le fond de la question réside dans l’idée que l’on se fait du trésor des templiers. Car, en 1307, le Temple était ruiné… Depuis le début du XIIIe siècle, et encore plus depuis la chute de Saint-Jean-d’Acre (1291), la Terre sainte semblait perdue. L’édification des forteresses, leur entretien, l’équipement des combattants, le recrutement des mercenaires coûtaient un argent colossal et les dons, très nombreux à l’origine de la création de l’ordre, avaient drastiquement diminué. Il faudrait aussi que l’on puisse définir la nature de cet éventuel trésor : numéraire ou d’une autre nature, plus scientifique ou spirituelle ?
Durant les années de gloire du Temple, l’ordre a accumulé un savoir étonnant. Il a constitué deux flottes, une en Atlantique et une en Méditerranée. Et c’est ce savoir, cette science qui, s’il faut en croire Jacques Rolland, économiste, orientaliste et auteur de plusieurs ouvrages sur les templiers, constitue le véritable trésor du Temple.
L’hypothèse est séduisante, aussi allons-nous la poursuivre jusqu’au bout. Lorsque les dix-huit galées quittent des terres françaises, c’est pour se diriger vers le Portugal et l’Espagne. Protégés par les souverains de ces royaumes, les Templiers ayant échappé à la rafle du 13 octobre 1307, vont se « recycler » sous le nom de Chevaliers du Christ et d’ordre de Montessa. Logiquement, on peut penser qu’ils mirent leur flotte et leurs connaissances au service de ces pays qui, étonnement, vont être à l’avant-garde des expéditions et des découvertes en Afrique, aux Indes et en Amérique. Une coïncidence qui pourrait bien ne pas en être une et qui rassurerait les adeptes du trésor du Temple.
Les Templiers ont occupé la Terre-Sainte pendant plus de deux siècles, fouillant, commerçant, et sans doute récupérant aussi de nombreuses reliques et de nombreux textes antiques. Ont-ils mis la main sur des objets liturgiques et sacrés des premiers temps du christianisme. Certains auteurs médiévaux ont même vu dans les Templiers, les défenseurs du Saint Graal. Etait-ce parce qu’ils l’avaient retrouvé ? Le trésor du Temple peut être multiple. Vous pourrez lire dans ce numéro différentes hypothèses sur son éventuelle localisation.
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